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Beaucoup de gens pensent qu'Illustrator est un logiciel de dessin… Ben non. Ou pas exactement.

Le tracé

Compatible Illustrator. Cliquer pour en savoir plus sur les compatibilités.Par kosic (Cozic), le 29 août 2012

Illustrator, contrairement à un crayon ou un pinceau ne trace pas des traits sur un support1). Il génère des formes (objets) grâce à des points et des vecteurs. Illustrator ressemble plus en cela à un logiciel de découpe et collage qu'à un logiciel de dessin. Je sais ce que certains vont me rétorquer. Mais avançons dans la découverte des bases de ce fabuleux logiciel avant de débattre.

Le tracé droit

Commençons par créer une forme avec la plume, la méthode contrôlable la plus simple. Un point, puis un autre un peu plus loin. J'ai créé un premier objet.

[image]

Dans les couleurs on peut voir que cet objet est doté d'un contour et d'un fond. Même si on ne voit pas le fond… Pour cela il faut que j'aie une surface ; avec un trait droit c'est bien évidemment impossible. 2)

Le tracé courbe

Je recommence, mais cette fois, avec la plume restée cliquée je tire sur la souris, relâche, re-clique pour un deuxième point et tire encore. J'obtiens une forme dotée d'un fond et d'un bord sur une partie de cet objet. Le bord correspond au tracé et le fond se remplit en rejoignant les deux points extrêmes par une ligne droite.

[image]

C'est peu de chose, le premier débutant le sait. Mais essayons de comprendre…

La forme définie par un tracé

Là nous voyons exactement le fait qu'Illustrator n'est pas un outil de dessin mais bel et bien un logiciel créant à partir de vecteurs (courbes de Béziers en l'occurrence) des objets en 2 dimensions pourvus :
1) D'un fond possiblement coloré.
2) d'une couleur (possiblement) de tracé appelé contour.

Ici, sous la forme nous voyons séparés le contour et le fond. Il apparaît nettement que le contour (bleu), bien que le fond (rouge) est plein, n'est pas fermé en bas.

Aucune trace de ligne entre les points non reliés. Il va falloir bien différencier tracé qui définit la forme et contour qui est un attribut de ce tracé.

La forme

La forme est un terme qui désigne un outil de découpe. C'est exactement ce que crée le tracé dans AI.

Quatre objets semblant former un objet

On peut accumuler des tracés qui se chevauchent, on ne peut leur donner un attribut de fond unique qui emplisse parfaitement ce groupe d'objet s'ils ne sont pas continus, fermés et complémentaires.

[image] Si j'attribue le même contour à ces quatre formes ouvertes j'aurais l'illusion d'un contour unique englobant le groupe de formes, mais cela restera bel et bien une illusion.

Ici nous voyons dans le panneau latéral des calques que nous sommes en présence de quatre tracés courbes indépendants, même si les points extrêmes qui les définissent se chevauchent d'une forme à l'autre. Le fait que chacun ait une couleur propre confirme cette assertion, un objet unique n'aurait pu que posséder un fond unique3)

Forme sans attributs ou absence de forme ?

Continus et fermés afin que la forme soit remplie d'un fond unique, complémentaires afin que des zones vides, exclues, existent en tant qu'objet. 4)

[image] NB (en apparté à Abriko) : Pour afficher cette forme centrale je me suis contenté d'appliquer un Pathfinder division sans cocher la préférence du menu latéral “Extraction des objets invisibles” générant ainsi une forme nouvelle.

Ici nous voyons une zone définie en quadrilatère par ces quatre formes (un fond pointillé l'indique), mais cette zone n'est en rien une forme. C'est juste une zone vide.

Il faudrait donc dupliquer des morceaux de tracés et les joindre pour pouvoir recréer les éléments manquants et générer une forme . On faisait ça autrefois, aux débuts d'Illustrator, avant les calques et le Pathfinder5).

Réalité de l'objet et illusion de l'affichage

Un objet fermé

[image] La forme du haut est un carré fermé formé de quatre points comme l'indique la fenêtre d'information et le calque supérieur

Prenons un outil de formes préétablies comme un rectangle. 4 points sans vecteurs, 4 traits joints. Figure fermée.

Un tracé ouvert

La forme centrale est ouverte comme on le voit dans la fenêtre info. Mais toujours un seul objet.

Si à l'aide de l'outil Ciseaux nous coupons ce tracé l'apparence de cette forme ne change pas mais deviens un tracé ouvert.

Deux tracés

Nous pouvons même couper à nouveau sur cet objet une partie de son contour sans rien changer à son apparence ; les extrémités se superposant. Mais la fenêtre d'information nous dit que nous sommes maintenant en présence de 2 objets distincts, et non plus d'un. Deux tracés ouverts.

Cette dernière forme, celle du bas, est composée de deux tracés ouverts (ouvrir ! quelle traduction !) bien que son apparence n'ai pas changé.

Illusions, tout n'est qu'illusions

Donc; pour le même affichage nous pouvons avoir :
1) Un tracé fermé
2) Un tracé ouvert
3) Deux tracés ouverts

Dans ces trois cas vous remarquerez que l'aspect du (des) contour(s) n'as pas changé et que le fond parait d'un seul tenant.

Une troisième coupe gâcherait tout… (essayez, et vous verrez pourquoi)

Cela semble peu de chose mais cette connaissance peut vous tirer de nombreux tracas rencontrés sur les forums…
Ainsi lors d'un vectorisation, d'un effet 3D décomposé ou autres ce type de modèles se retrouvent et peuvent créer des problèmes pour les manipulations suivantes. Il est donc bon de vérifier dans le fenêtre Informations le type de tracés présents sur votre document.

Je sais que tout cela semble du niveau maternelle Adobe6), mais beaucoup d'utilisateurs courants d'Illustrator ne savent le verbaliser, or, ce qui se conçoit bien…

Les vecteurs y changent-ils quelque chose ?

Créons maintenant une nouvelle forme avec l'outil ellipse. Avec la touche Majuscule7) nous définissons un disque parfait en tant que forme, un cercle parfait en tant que tracé.

Si à l'aide de l'outil de sélection directe nous sélectionnons les points qui composent ce tracé nous voyons admiratifs apparaître les poignées de vectorisation (courbes de Béziers) qui font de ce possible carré un cercle.

[image] Nous voyons ici, en haut à droite l'affichage avec ses attributs et en bas à gauche tel qu'il apparaît en affichage tracés, les points et manettes étant ainsi bien visibles.

Ces poignées sont totalement identiques en longueur et parfaitement orthogonales.

Découpe du disque

Si nous avions l'audace de couper à nouveau ce disque en deux endroits l'aspect n'en changerait pas, bien sûr.

[image]

Ici les deux centres (carrés/points rouges à l'intérieur des tracés) nous indiquent nettement la présence de deux objets.

Nous avons donc défini les outils de création de formes avec AI : une succession de points.

Gestion des coordonnées dans Illustrator

Un cercle peut-être bien évidemment défini par 3 points8), et seulement trois points, mais ce n'est pas le cas ici. Ce qui nous renseigne sur un point : Illustrator utilise de préférence un système orthogonal par défaut. Ça peut avoir son importance comme nous le verrons dans des données plus complexes comme les filets par exemple. Ou les dégradés de formes.

Les axes bleus z & y passent par le centre de l'objet et génèrent les points aux extrémités horizontales et verticales du disque servant à définir celui-ci

D'ailleurs vous pouvez voir que les points de création de la forme sont à la verticale et à l'horizontale du centre de la forme, les poignées étant perpendiculaires à ces axes.

Mais comment s'organisent ces points entre eux ?

Sens de tracé

Le sens du tracé est une chose qui revient souvent dans les questions. Voyons ce qu'il en est.

Empilement des objets

Je dessine, avec l'outil de forme une première ellipse , puis une seconde avec un fond d'une autre couleur pour bien les différencier. Vous remarquez tout de suite que la dernière forme est au-dessus de la première.

[image]

Ce qui signifie que la structure des éléments est ainsi définie : coo des points xy + une sorte de time-line z pour leur position.9)

Positionnement des points sur l'axe Z

Qu'en est-il au niveau des points ?

Nous allons créer un disque, supprimer les tracés entre les points et ne conserver que les points. Pour cela nous utiliserons l'outil de saisie directe (flèche blanche), balayerons les segments entre les points et les effacerons. Regardons dans les calques ce qu'il s'est passé…

Un empilement d'objets points dans le calque

[image]

Vous voyez un empilement de points (<Tracés>) 10)

De l'ordre en toute chose
[image] Vous voyez ici que le premier point, celui au sommet de la pile d'objets dans la fenêtre calque, se trouve à droite. C'est parce que j'ai tracé ce disque depuis l'angle en haut à gauche vers le bas à droite.

Si je clique sur le premier sous-calque <tracé> puis sur le suivant, puis le suivant etc. vous voyez que ma sélection tourne dans le sens des aiguilles d'une montre. : c'est ce qu'on appelle le “sens du tracé”. Par défaut Illustrator gère les points dans le sens horaire.

Ce fameux sens du tracé est à l'origine de nombreuses questions liées à de nombreux problèmes…

Certains vous diront qu'il ne faut pas confondre sens du tracé pour un objet et sens du tracé pour un effet de tracé transparent. C'est un peu vrai en apparence, mais cela est faux. Les effets transparents transformant un certains nombres d'objets en un objet unique, la position dans la hiérarchie, et donc le sens dans lequel l'objet se définit, est primordiale. Mais nous verrons cela un peu plus tard.

Création d'un tracé

Si nous traçons un objet à main levée, bien sûr, nous définissons nous même le sens du tracé. Voyons ce qu'il en est des formes prédéfinies.

Sens du tracé avec l'outil Formes

Je trace mon carré avec une forme pré-définie de haut à gauche vers bas à droite (maj. enfoncée).
Je crée cette ligne de texte que je vectorise pour la placer dans la palette Formes>Formes artistique en laissant le sens naturel (horaire ou de lecture occidental). Ainsi j'ai un outil qui me permettra de voir où commence mon tracé et dans quel sens il se crée.

[image]

Vous remarquez tout de suite que mon tracé commence par le point en bas à droite.
Ben oui, mais j'ai commencé par tracer mon carré en haut à gauche ? C'est parce que le dernier point a été tracé en bas à droite, et comme nous sommes dans une forme fermée le dernier point défini la fin, donc le départ de mon tracé… Les derniers seront les premiers, ici au moins ça marche ! C'est le point au dessus de la pile qui définit mon sens de tracé. C'est comme si le dernier point d'un tracé fermé était composé de 2 points : départ et arrivée11).

Tout cela est bien fastidieux et semble vain, mais c'est la base depuis les premières versions d'Illustrator et tout problème rencontré provient souvent d'une application stricte par le logiciel de cette norme.

Formes composées

Deux objets peuvent interagir. La forme composée la plus simple12) est le tracé transparent. Ce tracé transparent regroupe de nombreux types d'objets. nous en verrons la liste plus tard.

Une forme unique

Prenons un tracé fermé bizarroïde se coupant plusieurs fois. Il apparaît des zones vides aux surfaces d'intersection. Ceci est un tracé simple obéissant aux lois précédemment définies.

[image]

Il n'est pas même besoin de le définir en tant que tracé transparent pour que l'exclusion de certaines zones s'opère, le système de remplissage des formes suffit à dégager les zones vides.

Mais passons aux interactions entre formes séparées.

Deux formes

Essayons de créer un effet d'anneau. Nous créons un premier disque, puis un plus petit à l'intérieur. Nous sommes en présence de 2 objets. Dans la barre de menu, en ayant sélectionné ces deux objets nous choisissons Objets>Tracés transparents>Créer. La petite forme se découpe dans la grande et nous voyons dans la palette Calques que les deux objets Tracés se sont transformés en un objet unique “Tracé transparent”.

[image]

Nous avons donc créé un tracé unique, non continu et fermé. L'effet de transparence est le même que sur le tracé précédent et l'absence de flèche sur le côté du tracé nous indique bien que nous sommes face à un tracé unique composé de deux objets au départ.

Ici nous allons donc aborder les options d'objet.

Options d'objets

Nous allons pour cela créer trois disques se chevauchant. Et leur appliquer un tracé transparent. Nous allons vérifier les différentes proposition des Options d'objets au niveau des règles de remplissage :
Intérieur/extérieur non nul.
Pair/impair.

[image]

L'aide d'illustrator nous aide peu à comprendre.
Règle de remplissage intérieur/extérieur non nul Utilise des équations mathématiques pour déterminer si un point est à l’extérieur ou à l’intérieur d’une forme. Illustrator utilise la règle de remplissage intérieur/extérieur non nul par défaut.
Règle de remplissage pair/impair Utilise des équations mathématiques pour déterminer si un point est à l’extérieur ou à l’intérieur d’une forme. Cette règle est plus fiable, car une zone sur deux dans un tracé transparent pair/impair est une zone transparente, quelle que soit la direction du tracé. Certaines applications, telles qu’Adobe Photoshop utilisent la règle de remplissage pair/impair par défaut. Par conséquent, les tracés transparents provenant de ces applications utilisent la règle pair/impair.”

Mais elle est juste.

Reprenons d'après ce que nous avons vu précédemment.

Méthode intérieur/extérieur

La méthode intérieur/extérieur utilise une lecture des points dans le sens du tracé, y compris les points virtuels générés par les croisement de tracés définissant les nouvelles formes contenues. Tous les points situés à l'extérieur de la forme généreront une forme à fond positif. La forme “contenante” étant donc positive.

[image]

méthode pair/impair

La méthode pair/impair concerne les formes elle même, réelles ou virtuelle sans tenir comte du sens de tracé mais de la position des formes virtuelles les unes par rapport aux autres, la forme “contenante” étant donc positive.

[image]

Revenons au tracé unique

On peut le voir aussi avec un tracé à auto-intersection :

En intersection de premier niveau :

[image]

Ici en version Intérieur/extérieur tous les éléments sont pleins, positifs donc (forme de gauche).
En mode pair/impair la superposition des formes implique un compte négatif pour les formes contenues, même si elle appartiennent au même tracé à l'origine (forme de droite).

En intersection de deuxième niveau :

[image]

Ici en version Intérieur extérieur tous les éléments sont toujours pleins, positifs donc.
En mode pair/impaire la superposition des formes implique un compte négatif pour les formes contenues, puis positif pour la forme définie par les deux formes négatives, même si elle appartiennent au même tracé à l'origine.

Ajout d'une deuxième forme

Si je rajoute une forme plus petite contenue dans cette première forme et que j'applique un tracé transparent avec les mêmes choix, j'obtiens :

[image]

Ici en version Intérieur extérieur tous les éléments de la première forme sont toujours pleins, positifs donc et la deuxième, contenue, crée les deux zones négatives.
En mode pair/impaire chaque élément de sous-forme est considéré en relation avec la forme contenante et suit une logique positif-négatif-positif-négatif etc. Et donc chaque partie est découpée.

Analyse des éléments d'une forme pair/impair

Nous allons appliquer un pathfinder pour diviser cet objet. Et reconstituer les éléments de base, depuis l'extérieur vers l'intérieur afin de comprendre ce qu'il se passe.

[image]

Les zones impaires sont bien pleines et les zones paires vides. Bien évidemment, plus la forme va être complexe et plus le risque “d'erreurs” est grand.
Cette image parle pour moi.

Mince, c'est déjà très long. On va ouvrir un deuxième sujet… sur les “Formes de contours” qui en est la suite logique.

Chapitre II

Notes

1) Contrairement à ce que pourrait faire Photoshop
2) Si je supprime la couleur de contour on peut voir apparaître un trait de fond virtuel. Ce trait ne sera pas imprimable, normalement, mais peut parfois créer quelques désagréments lorsque des objets sont combinés
3) sauf à passer par les aspects, mais n'y touchez pas encore, on verra cela plus tard
4) ceux qui pensent à la peinture dynamique verront en quoi mon propos est TOUJOURS vrai, cette peinture dynamique n'étant qu'une extension de l'effet pathfinder sur lequel nous reviendrons, donc n'y touchez pas encore, on verra cela plus tard
5) le fait d'avoir connu Illustrator dés ses débuts nous permet de comprendre la logique et l'évolution de ce logiciel. C'est un peu d'archéologie que nous faisons ici.
6) pas tant que ça en fin de compte vu les retours.
7) dans la plupart des logiciels et surtout chez Adobe la touche Maj. correspond à une contrainte de régularité : x=y, x ou y=o, a+b+c etc.
8) ce qui est maintenant possible avec les fabuleux outils d'AstuteGraphics http://www.astutegraphics.com/ , lien que vous trouverez sur la page FaceBook de Mediabox : https://www.facebook.com/mediabox.fr
9) ce n'est pas réellement une timeline puisqu'à tout moment je peux réorganiser cette structure
10) hé oui, je vous le disais, Illustrator n'est pas un outil de dessin mais de gestion d'objet : ces points qui n'existent pas en tant qu'image visible sont néanmoins des objets
11) Un très intéressant postage de Elle-Ere propose en plus un PDF qui relève ce phénomène. On voit ici que cette règle concerne aussi les développeurs d'outils bien utiles ! téléchargez ce script indipensable avec le PDF : http://forums.mediabox.fr/topic/179452-texte-curviligne-annoncez-la-mesure/page__fromsearch__1!
12) si on peut dire, vu le nombre de problèmes rencontrés